Famille HENAUT - LESCART

Munderic D'AUSTRASIE505

Name
Munderic D'AUSTRASIE
Birth about 505 20

Death of a fatherClodéric D'AUSTRASIE
508 (Age 3 years)

Death of a paternal grandfatherSigebert le Boiteux D'AUSTRASIE
509 (Age 4 years)

Birth of a son
#1
Mummolin D'AUSTRASIE
estimated 540 (Age 35 years)

Note

Grégoire de Tours, Histoires, livre III : « Munderic, qui se prétendait parent du roi, enflé d’orgueil, dit : Pourquoi Théodoric est-il mon roi ? Le gouvernement de ce pays m’appartient comme à lui ; j’irai, j’assemblerai mon peuple et lui ferai prêter serment, afin que Théodoric sache que je suis roi tout comme lui. Et étant sorti en public, il commença à séduire le peuple en disant : Je suis prince, suivez-moi, et vous vous en trouverez bien. La multitude du peuple des campagnes le suivit donc, en sorte que, par un effet de l’inconstance humaine, il en réunit un grand nombre qui lui prêtèrent serment de fidélité et l’honorèrent comme un roi. Théodoric l’ayant appris, lui envoya un ordre portant : Viens à moi, et, s’il t’est dû quelques portions des terres de notre royaume, elles te seront données. Théodoric disait cela pour le tromper, afin de le faire venir à lui et de le tuer ; mais lui ne voulut pas y aller, et dit : Reportez à votre roi que je suis roi aussi bien que lui. Alors le roi, en colère, ordonna de faire marcher une armée afin de le punir lorsqu’il l’aurait vaincu par la force. Munderic, en ayant été instruit, et n’étant pas en état de se défendre, se réfugia dans les murs du château de Vitry où il travailla à se fortifier, y renfermant tout ce qu’il possédait et tous ceux qu’il avait séduits. L’armée qui marchait contre lui entoura le château et l’assiégea pendant sept jours. Munderic la repoussait à la tête des siens et disait : Tenons-nous fermes et combattons jusqu’à la mort, et les ennemis ne nous vaincront pas. L’ennemi tout à l’entour lançait des traits contre les murs, mais cela ne servait à rien : on le fit savoir au roi, qui envoya un des siens, nommé Arégésile, et lui dit : Tu vois que ce perfide réussit dans sa révolte ; va, et engage-le sous serment à sortir sans crainte, et, lorsqu’il sera sorti, tue-le, et efface son souvenir de notre royaume. Celui-ci y étant allé fit ce qu’on lui avait ordonné ; mais il convint d’abord, d’un signal avec ses gens, et leur dit : Lorsque je dirai telles et telles choses, jetez-vous aussitôt sur lui et le tuez. Arégésile étant donc entré, dit à Munderic : Jusques à quand demeureras-tu ici comme un insensé ? Tu ne peux longtemps résister au roi ; voilà que tes provisions finies, vaincu par la faim, tu sortiras, te livreras entre les mains de tes ennemis et mourras comme un chien. Écoute plutôt mes conseils, et soumets-toi au roi, afin que tu vives, toi et tes fils. » Ébranlé par ce discours, Munderic dit : Si je sors, je serai pris par le roi, et il me tuera, moi et mes fils, et tous les amis qui sont ici réunis avec moi. À quoi Arégésile répondit : Ne crains rien ; car, si tu veux sortir, reçois-en mon serment, il ne te sera rien fait, et tu viendras sans danger en présence du roi. Tu n’as donc rien à redouter, et tu seras près de lui ce que tu étais auparavant. À quoi Munderic repartit : Plût à Dieu que je fusse sûr de n’être pas tué ! Alors Arégésile, les mains posées sur les saints autels, lui jura qu’il pouvait sortir sans crainte. Après avoir reçu ce serment, Munderic sortit d’abord du château tenant par la main Arégésile ; les gens d’Arégésile les regardaient en les voyant venir de loin. Alors Arégésile, selon le signal dont il était convenu, dit : Que regardez-vous donc avec tant d’attention, ô hommes ! N’avez-vous jamais vu Munderic ? Et aussitôt ils se précipitèrent sur lui. Mais lui, comprenant la vérité, dit : Je vois clairement par ces paroles que tu as donné à tes gens le signal de ma mort, mais, je te le dis, puisque tu m’as trompé par un parjure, personne ne te verra plus en vie ; et, d’un coup de sa lance dans le dos, il le transperça. Arégésile tomba et mourut. Ensuite Munderic, à la tête des siens, tira l’épée et fit un grand carnage du peuple, et, jusqu’à ce qu’il rendit l’esprit, il ne s’arrêta point de tuer tout ce qu’il pouvait atteindre. Lorsqu’il fût mort, on réunit ses biens au fisc du roi. »

Note